Occupe tes soirées avec… The Walking Dead – le jeu vidéo

C’est marrant comme la vie est foutue des fois.

Nous tenons ici un blog généraliste à forte tendance technophile geek et, en un an et demi d’existence, nous n’avons pas été foutue de sortir un seul article sur un jeu vidéo.

Pourtant il y a tellement à dire sur les pépites de ce genre devenu majeur. Et pas uniquement lorsqu’un psychopathe dézingue une école maternelle (à ce propos, je vous recommande chaleureusement l’article du patron, très énervé contre les journalistes… ou contre les vieux… ou contre les vieux journalistes, je sais plus bien).

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Au hasard, comme ça, à brûle pourpoint, on aurait pu parler de La Nouvelle Maison du Style, de Nintendogs, de Léa Passion Point de Croix ou encore de Bienvenue Chez les Ch’tis (si, si…). Tous ces grands titres auraient mérité nos louanges tant ils ont bercés nos après-midi d’arrêt maladie bidon.

Mais non ! Cafoutch aime prendre des risques.

Par exemple hier, je suis sorti sans mettre de gants. Et aujourd’hui, je vais vous parler du jeu vidéo The Walking Dead.

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Avant toute chose, il faut re-situer le contexte, car aujourd’hui, The Walking Dead est devenu une licence multi-support avec du bon et du moins bon.

Pour faire court, avec un titre pareil, The Walking Dead ne pouvait pas être une chronique sociale de la désindustrialisation française. Si vous parler anglais comme un français moyen, sachez que The Walking Dead veut dire Les Morts qui Marchent (avouez qu’en français, ça pète moins la classe). On est clairement plus dans une histoire de zombies et de lutte pour la survie de l’humanité.

Commençons par le moins bon pour en être débarrassé.  Si vous cherchez « The Walking dead » sur l’internet mondial, vous tomberez sur la série de AMC. Et pour beaucoup, c’est malheureusement le point d’entrée sur cet univers.

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Je me permets de critiquer parce que je suis auteur sur ce blog et que j’y fait ce que j’y veux, déjà. Et surtout, parce que je continue à regarder cette série malgré ses nombreux côtés décevants et/ou horripilants.

Pour résumer : certains acteurs jouent mal (voire très mal), l’histoire ne respecte la trame de l’œuvre originale que de très loin, les temps morts chiants sont nombreux et surtout, il y a une explication à la zombification généralisée (sacrilège complet à mes yeux car forcément maladroit et complètement inutile).

Ceci dit, la série connait des moments de bravoure et d’intensité qui font souvent oublier tous ces défauts. De plus, l’esthétique de l’ensemble (décors, costumes, zombies et scène gorasses) est juste impeccable. Ça aide bien.

Il est récemment sorti un bouquin s’intégrant dans l’univers mais l’œuvre originale dont est tiré la série est un comic book. Signé Kirkman (également auteur du très bon Invincible) et dessiné par Adlard, on y suit Rick Grimes, flic blessé qui se réveille d’un coma dans un monde infesté de zombies. Toute ressemblance avec 28 Jours plus Tard (troll : et avec la série) s’arrête là.

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Le point fort de cette BD fleuve (déjà 16 tomes parus en français) tient dans le fait que très vite, les morts-vivants font partie du backgroud. Une menace certes réelle, mais souvent bien moins dangereuse que les humains tentant de survivre. C’est très noir, parfois malsain, mais on ne peut lâcher son bouquin avant la fin. Et à chaque page, on se permet de juger les décisions de Rick.

La question qui se pose est alors : qu’est-ce vous (ou moi, hein) auriez fait à sa place ?

Et c’est là qu’arrive le jeu vidéo.

Tout commence à l’arrière d’une voiture de police. Vous êtes Lee Everett, un prof d’histoire condamné pour le meurtre de l’amant de sa femme, en plein transfert vers votre futur domicile carcéral. Très vite, les évènements vont se précipiter et vous vous retrouverez pourchassé par les morts, une gamine à protéger dans les pattes.

Le jeu est un point&clic presque à l’ancienne et j’en vois déjà qui, à la seule évocation de ce type de jeu, grimacent en grommelant (poésie, allitération, tout ça) : « s’trop naze les point&cilc, on peut pas faire de combo, ni jouer Messi,  ni sniper des terroristes, ni poutrer du dragon à coup de cris ».

Jeune fous !

The Walking Dead mérite d’oublier les poncifs éculés pour vivre une véritable expérience vidéo-ludique. Comme Heavy Rain en son temps (mais en mieux), The Walking Dead est une claque ! Une dizaine d’heure à peine de bout en bout, mais dont on ne sort pas indemne.

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Très proche de la BD, tant par la réalisation (un cell-shading aux teintes crades qui colle parfaitement à l’univers) que par l’histoire (survivre, protéger, survivre), le jeu vous oblige sans arrêt à réagir et les moments de calme permettant la réflexion sont plutôt rare (et j’admets, cassent parfois le rythme). Vos décisions doivent donc, le plus souvent, se prendre dans un temps limité, au feeling, avec les tripes. Qui sauverez-vous ? Qui abandonnerez-vous ? Comment réagirez-vous ?

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Si le scenario mène à une seule fin (et quelle fin !), chacun de vos choix a une réelle influence sur la suite des évènements. L’implication est donc totale et la tension omniprésente. La mort d’un personnage (non, ceci n’est pas un spoiler) est à chaque fois un déchirement… ou un soulagement.

Bien que Kirkman n’ait pas écrit le scenario, le jeu est parfaitement intégré dans l’univers et la chronologie de la BD et se permet de lui emprunter des lieux et des personnages.

Je n’en dirai pas plus sous peine de ruiner les nombreuses surprises.

Le vrai problème de ce jeu ne concernera que les quiches en anglais puisqu’il n’est dispo que dans la langue de Shakespeare. Le vocabulaire n’est pas bien compliqué, mais répondre au hasard lorsqu’un choix s’offre à vous tue instantanément tout intérêt. Sur PC, des patchs permettant des sous-titres en français existent déjà. Sur console, cependant…

Le jeu se découpe en 5 chapitres à suivre vendus séparément. Je vous conseille de tous les prendre d’un coup (moins de 20 €), de vous enfermer au calme et de passer une éprouvante, mais belle, nuit blanche.

Occupe tes soirées avec… The Walking Dead – le jeu vidéo