Parental advisory comic books

Si vous pensez encore que les comics se limitent aux aventures de super-héros en combinaisons fluos moulantes dont les histoires sont (souvent mal) adaptées au cinéma, vous devez surement aussi penser que la BD franco-belge se limite aux héros à gros nez dont les histoires sont (souvent mal) adaptées au cinéma. C’est triste.

Pourtant, chez l’oncle Sam aussi, Il existe une multitude d’auteurs qui savent s’éloigner des codes du genre, les détourner ou créer leur propre univers. Cela donne des comics sombres, durs, violent, drôles et qui, en plus, font réfléchir.

En cette période de fêtes, où vous avez peut-être déjà offert Les Blagues de Toto en BD ou le quinzième tome (!!!) des Blondes à votre petit neveu, il n’est pas trop tard pour passer du côté du bon mauvais goût et de réparer l’irréparable (c’est que ce genre de bêtise laisse des traces). Si vous avez peur de choquer ses parents, courrez lui acheter un Calvin et Hobbes (BD recommandée par l’INPES). Sinon, choisissez parmi les innombrables ouvrages de la sainte trinité des auteurs de comics : Garth Ennis, Mark Millar et Warren Ellis.

Sélection.

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Transmetropolitan

On nous cache tout, on nous dit rien... Heureusement Spider Jerusalem est de retour !

Menacé par son éditeur, qui lui a payé d’avance deux livres jamais écrits, Spider Jerusalem est contraint de quitter sa retraite d’ermite et de faire son retour dans La Ville pour honorer son contrat. Journaliste gonzo par excellence, hargneux, violent, vulgaire, auto-destructeur et camé jusqu’à l’os, Spider va alors chercher à révéler toutes la Vérité. Il va donc se faire de nombreux ennemis intimes en dénonçant les dérives politiques et religieuses, les violences policières, le racisme, la corruption, la pauvreté ou la télévision (liste non-exhaustive).

Le récit oscille alors entre l’action directe des enquêtes de Spider et de ses Sordides Assistantes (le lecteur est à sa place de spectateur) et l’illustration des articles qui en découlent (le lecteur est directement interpellé par Spider). Le récit oscille aussi entre le rire et les larmes, la farce et l’engagement.

Transmetropolitan (Transmet’ pour les intimes) se déroule dans un univers post-cyberpunk. Le futur décrit est donc tristement crédible (imaginez un futur où les pleins pouvoirs auraient été donnés à une fusion de Skynet et Endemol) et on ne sort pas indemne de la lecture des 60 volumes de ce comics majeur.

Un comics majeur, on vous dit !

Transmetropolitan, par Ellis et Robertson, série terminée, VF chez Panini (6 volumes), VO chez Vertigo (10 volumes).

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The Boys

Vous en avez assez des super-héros en collant ? Eux aussi !

Grand pouvoir = grande responsabilité ? Envers les actionnaires surement, envers la population, c’est moins sûr…

Après la mort quelque peu violente de sa petite amie, tuées par « accident » par un super-héros en mission, P’tit Hughie est recruté par le Boucher et rejoint son équipe chargée de surveiller et calmer les ardeurs des encapés et de leur employeur.

Parce que oui, dans The Boys, super-héros c’est un métier, rémunéré par la vente de comics, la pub et le merchandising. Une fois sous contrat, libre à vous de vous adonner à vos pires vices. Tout est permis tant que vous ramenez de l’argent… Y compris faire quelques dommages collatéraux.

Oubliez le gentil Superman, le mignon Spider-man ou le classieux Batman, The Boys est trash, politiquement incorrect et certainement pas manichéen. Mises en abîme et réflexions profondes sur autant de sujets que la politique, la société de l’image, le pouvoir de l’argent…

Toute ressemblance ne serait pas fortuite

The Boys, par Ennis et Robertson, Série en cours, VF chez Panini Comics, VO chez Dynamite Entertainment.

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Preacher

Dieu existe et c'est un méchant fils de pute !

Lors d’un accident qui vaporise ses ouailles et rase son église, le révérend Jesse Custer se retrouve possédé par Genesis, une entité issu de l’accouplement interdit entre un ange et un démon. Accompagné par Tulip, son ex (et accessoirement tireuse d’élite), et Cassidy, un vampire irlandais alcoolique, le Preacher part à la recherche de Dieu pour lui poser deux ou trois question existentielles. A ses trousses, le Saint des Tueurs (tueur immortel au service de Dieu), le Graal (société secrète contrôlant les gouvernements et protégeant la lignée du Christ), la famille très équilibrée du Preacher…

Hommage décalé aux Western se déroulant dans un Texas poussiéreux peuplé de Rednecks tous plus tarés les uns que les autres, Preacher est aussi une sorte de version trash du Da Vinci Code où le descendant direct de Jésus serait un handicapé mental issu d’une famille incestueuse. Le reste des thèmes abordés (les relations familiale, la religion, la guerre entre ange et démon, etc…) est à l’avenant. Heureusement !

Tête de cul, un des personnage saints de corps et d'esprit qui peuplent The Preacher

The Preacher, par Ennis et Dillon, série terminée, VF chez Panini Comics (9 volumes), VO chez Vertigo (9 volumes).

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The Punisher

Explosive : front toward enemy

Après avoir perdu sa femme et ses enfants, tués sous ses yeux, Franck Castle, vétéran du Vietnam, n’a plus que la vengeance en tête. Il devient le Punisher et va combattre le crime de manière définitive.

Garth Ennis n’a pas créé le Punisher, le personnage ayant fait sa première apparition il y a déjà 37 ans. En revanche, il a donné un sacré coup de balais sur le mythe. En reprenant depuis le début l’histoire du vigilante de chez Marvel, Ennis signe un monument.

Avec Steve Dillon au dessin, il signe d’abord une quarantaine d’épisode d’un Punisher sous acide dans un univers Marvel malmené (quelques héros traditionnels -Dardevil, Spiderman ou Wolverine- s’y font joyeusement corriger). Comme dans The Preacher, les personnages tordus et les situations malsaines se succèdent dans un déluge de feu.

Sous la licence MAX de Marvel, Ennis reprend toute l’histoire de Franck Castle depuis le début dans un univers beaucoup plus réaliste peuplé de criminels et plus de super-héros/vilains. Sous le crayon de Fernandez, le Punisher est devenu une brute massive, faisant son âge (la guerre du Vietnam a pris fin en 75) et vraiment peur. Ennis prend le temps de détailler la psychologie de ses personnages et se permet même de lever le voile sur l’origine de la folie de Castle dans un Punisher : Born magistral.

D’autres ont repris le personnage depuis, mais après ça, qui s’en souci ?

Le Punisher de Fernandez

The Punisher, par Ennis et Dillon puis par Ennis et Fernandez, série « terminée », VF chez Panini (évidemment), VO chez Marvel.

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Kick Ass

Toi aussi, deviens super-héros

Vous avez peut-être eu l’occasion de voir l’adaptation ciné de ce comics. Si ce n’est pas le cas, et à moins que vous n’ayez une aversion pour Nicolas Cage, je vous la recommande (pour une fois qu’une adaptation tient la route). Évidemment, je vous recommande d’autant plus la version originale, papier.

Kick-Ass c’est le nom choisi par Dave Lizewski le jour où il décide de devenir un super-héros. Il se bricole un costume et poste une annonce sur le net, prêt à aider la veuve et l’orphelin.  Mais dans la vraie vie et sans pouvoirs, il est beaucoup plus dur (et beaucoup plus douloureux) de faire régner la justice que dans les comics.

Encore une mise en abime, par Millar cette fois. Kick-Ass est une série courte, brutale, réaliste. Pas de pouvoirs ni de batailles épiques pour sauver le monde, mais des gangsters de quartier, des costumes approximatifs, des armes réelles, des coups, de la torture… La violence décrite, très premier degré, prend aux tripes et le récit, nerveux et efficace, se laisse dévorer.

Ironiquement, la réalité rejoint aujourd’hui la fiction puisque le phénomène des héros masqués dans la vraie vie est arrivé dans certaines villes des Etats-Unis.

Hitgirl, 8 ans, machine de guerre.

Kick-Ass, par Millar et Romita, série terminée, VF chez… Panini (2 volume), VO chez Titan Books Ltd (intégrale)

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Wanted

Un loser absolu, sorte de paillasson cosmique, découvre qu’il est le fils d’une légende du crime fraichement assassiné, qu’il est balaise un flingue à la main, que les super-vilains contrôle secrètement le monde et qu’il va devenir l’un d’entre eux. Il est temps pour lui de régler quelques comptes.

Si vous vouliez savoir ce qu’il se passerait si les super-vilains se débarrassaient des super-héros, ce comics est pour vous. Moins abouti peut-être que Kick-Ass, Wanted reste jouissif car décomplexé et complètement amoral (le nombre de mort gratuite est hallucinant). Raconté à la première personne, c’est un appel à tout foutre en l’air, un carpe diem ponctué du majeur dont le seul défaut est de finir trop tôt. A ne pas mettre en toutes les mains.

Si vous ne savez pas lire ou si vous aimez vraiment Angelina Jolie, Wanted a aussi été adapté au ciné. Ceci dit, c’est un film moyen avec des acteurs connus et pas grand chose à voir avec le comics.

Wanted, par Millar et Jones, Série terminée, VF chez Delcourt, VO chez Top Cow Production Inc.

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3 réflexions sur “Parental advisory comic books

  1. Schloesing MA dit :

    A petite dose, je dis pas… et j’ai accroché à Transmet’…
    Mais depuis le temps qu’ils existent voilà où ils sont, les masqués, allez voir ça :
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      1. Le Gris dit :

        Oui, ou lisez Wolverine : Old Man Logan de Mark Millar et Steve McNiven, un oubli dans ma liste. C’est tout à fait dans le ton de la photo. Des super-héros vieux et fatigués (ou morts) dans un univers pots-apocalyptique sur lequel règnent quelques super-vilains (vieux aussi, du coup). Bourré de références au panthéon Marvel, ce livre est à réserver aux initiés mais quel bonheur !

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